• Vers une agriculture « durable » ?

    Issus de l'article 51 de la loi de modernisation agricole et de la pêche du 27 juillet 2010, les Plans régionaux d’agriculture durable doivent définir dans chaque région les orientations stratégiques de la politique de l'État pour les secteurs agricole, agro-alimentaire et agro-industriel, en tenant compte des spécificités des territoires ainsi que de l'ensemble des enjeux économiques, sociaux et environnementaux.

    Ces plans constitueront des documents de référence à moyen terme, censés donner corps, à l’échelle régionale, à la notion d’ agriculture durable . Les actions qu’ils retiendront feront l’objet prioritairement des interventions de l’État.

    À l'occasion de la consultation publique sur le projet de PRAD de la région des Pays de la Loire, Vendée Nature Environnement communique son point de vue.

     

    La nécessité d’une agriculture « durable »

    L’enjeu paraît particulièrement important de par la place importante de l’agriculture dans l’économie régionale (en termes de production et d’emploi), mais tout autant en raison de ses effets sur les paysages, sur l’écologie et la biodiversité, sur la santé publique…

    Notre conviction est que la fonction nourricière de l’agriculture ne peut durablement être garantie dans les conditions actuelles, dont les conséquences sont aujourd’hui perceptibles par tous : perte de biodiversité, dégradation des ressources naturelles (et notamment l’eau), chute des taux d’humus des sols, pollutions…  Les limites liées à la consommation d’une source d’énergie fossile en cours de raréfaction et de renchérissement, et parallèlement la nécessité de réduire les gaz à effet de serre, ajoutent à la nécessité de repenser le modèle de l’agriculture dite « conventionnelle », sans perdre l’objectif de produire les aliments de base suffisants en quantité et en qualité, mais en réhabilitant le lien entre producteurs et consommateurs, à l’échelon local.

    Des formes d’agriculture rompant avec des pratiques basées sur l’emploi massif d’intrants (pesticides, engrais minéraux, alimentation animale importée..), et réduisant au minimum l’usage de l’énergie fossile existent sur nos territoires. L’agriculture biologique et l’agroécologie, pour ne citer qu’elles, montrent la voie qui permet de développer une production agricole véritablement « durable » et « soutenable ». C’est en s’appuyant sur ces expériences et en les promouvant que le PRAD contribuera réellement à cet objectif.

    S’agissant du département de la Vendée, nous souhaitons, outre les thèmes fondamentaux évoqués ci-dessus, mettre l’accent sur trois questions que le PRAD a identifiées à l’échelle régionale :

    L’artificialisation des sols

    La région des Pays de la Loire est marquée par un taux d’artificialisation de son territoire à la fois supérieur et plus rapide que la moyenne nationale. Le taux de progression régionale des surfaces artificialisées est lui-même plus élevé, dans la région, que l’augmentation démographique. Un des corollaires de cette évolution non maîtrisée réside dans l’imperméabilisation des sols, généralement irréversible, et la perturbation du régime des eaux. Un autre est la fragmentation et la perte, non compensable, de certains habitats naturels. Il y a donc là, en soi, un thème tout-à-fait majeur.

    Le département de la Vendée présente lui-même un rythme d’artificialisation particulièrement soutenu, nettement supérieur à la moyenne régionale. Les espaces naturels et semi-naturels y sont, plus qu’ailleurs, soumis à une pression foncière croissante. Alors que l’INSEE projette une augmentation annuelle moyenne de la population de plus de 7 000 habitants supplémentaires (quasiment exclusivement du fait des migrations résidentielles), soit un  solde supplémentaire de 240 000 habitants en 2040, il n’est pas concevable de « laisser filer » la consommation d’espace et des ressources associées, liée à l’étalement urbain et au développement des infrastructures.

    Au contraire, une action volontariste s’impose pour mettre fin au gaspillage des espaces naturels et agricoles.

    La gestion de l’eau

    Le diagnostic montre clairement la situation de dégradation de la ressource en eau et la nécessité d’efforts soutenus pour atteindre l’objectif de « bon état écologique ».

    De ce point de vue, la situation du département de la Vendée fait partie des plus préoccupantes, malgré les actions de lutte contre les nitrates, les phosphates et les pesticides. Ces actions sont encore trop ponctuelles (bassins versants d’Apremont, du Jaunay, de la Vouraie et de l’Angle-Guignard, de la Bultière) et leurs résultats restent insuffisants. 

    Les nappes souterraines du Sud-Vendée font l’objet de prélèvements dont l’usage est essentiellement agricole. La nécessité impérieuse de réduire les volumes consommés pour l’irrigation des cultures (aux dépens de la préservation des milieux naturels aquatiques de l’aval) est aujourd’hui reconnue par tous. Cela suppose avant toute chose une réorientation des assolements et des modes de culture. 

    La dégradation de la qualité des eaux souterraines est également préoccupante, sans que des programmes d’action à la hauteur de l’enjeu soient mis en place.

    La protection des captages d’alimentation en eau potable, d’origine superficielle (de l’ordre de 90% des volumes dédiés à la production d’eau potable) mais aussi souterraine (11 forages), a pris un retard considérable qu’il importe de rattraper sans tarder.

    Le développement de l’agriculture biologique

    Nous observons que l’évolution de la part de la SAU régionale en agriculture biologique, si elle est encourageante, reste insuffisante au regard des objectifs fixés par le Grenelle de l’Environnement. C’est malheureusement encore plus vrai pour le département de la Vendée, dont le retard est plus marqué.

    Conclusion

    Le bilan de l’agriculture régionale et départementale impose une réorientation, que commande aussi le « vivre ensemble » dans une société qui ne peut ignorer les enjeux essentiels d’un développement qui n’obère pas les ressources futures.

    Seule la mise en œuvre d’actions volontaristes et prioritaires bien ciblées permettra d’atteindre les objectifs fixés par les politiques nationales. C’est ce que nous attendons d’un « Plan régional d’agriculture durable », qui prépare véritablement une agriculture de demain cohérente, sur l’ensemble des enjeux, avec les ressources naturelles locales.

     

    « Un nouveau dispositif protecteur de la biodiversité : le SRCE.Sur le projet de Plan régional d'agriculture durable (PRAD). »

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