• Nettoyage de plage : une vraie fausse bonne idée.

    Les tempêtes d’hiver ont cette année particulièrement garni nos plages et dunes d’un cortège de déchets témoins de l’activité humaine. Cette pollution, surtout visuelle, provoque un désir d’action chez les habitués de ces sites afin de leur rendre un bel aspect « naturel ».

    Nettoyage de plage : une vraie fausse bonnée idée.

    Un tas de bois épars sur la plage. Le lendemain, il a été soigneusement empilé.
    Le nid de Gravelot à collier interrompu qu'il dissimulait a été écrasé (D.R.).

    Quoi de plus citoyen que de débarrasser la nature de ces déchets abandonnés par l’homme. Voila une bonne idée.

    La chose se complique lorsque l’on ne pense qu’à ces déchets. Ceux-ci ne représentent qu’un élément alors que le problème en concerne deux : un milieu naturel vivant, et des visiteurs indésirables. Le premier de ces éléments a un cycle de vie qu’il convient de respecter, et le second n’a qu’une présence qu’il convient d’écourter à défaut de pouvoir l’éviter.

    Malheureusement, nous ne pensons pas beaucoup à la plage au mois de mars. Nous sortons de notre hibernation un peu plus tard avec l’arrivée des premiers beaux jours et l’augmentation de la durée du jour. Or, plus nous intervenons tardivement, plus nous impactons le milieu.

    Le plus grave, c’est que cette volonté citoyenne est de plus en plus récupérée pour des actions de communication. Les nettoyages sont organisés en fonction du potentiel de participation, alors qu’ils devraient l’être en fonction de la période la moins impactante. La mode s’installe et tout un chacun veut son nettoyage, sans doute par ignorance pour certains, mais volontairement pour d’autres. Les victimes : la flore naissante et les oiseaux nicheurs au sol.

    Les pratiques actuelles transforment la bonne idée en catastrophe. La plage vivante et sale devient propre et morte. Un simple changement de date d’intervention produirait une plage vivante et propre.

    Le cas du Gravelot à collier interrompu, nicheur sur le sable des hauts de plage.

    Gravelot à collier interrompu. Photo : Mickaël Dia

    Gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus). Photo : Mickaël Dia. www.flickr.com

    Ce oiseau s’installe début avril et utilise les éléments présents sur la plage pour protéger un peu sa couvée. Les œufs sont souvent recouverts de sable, donc pratiquement invisibles. Les adultes nous voient de loin et ils quittent le nid très discrètement. Seule une longue pratique de l’observation de ces oiseaux permet d’espérer repérer les quelques nicheurs d’un site.

    Ce petit limicole, classé à l’annexe 1 de la directive Oiseaux de l'Union Européenne, est en danger du fait de la fréquentation en augmentation sur nos plages, mais surtout du fait d'opérations de « nettoyage » réalisées au mauvais moment, et perturbant le bon déroulement de la nidification.

    Nettoyage de plage : une vraie fausse bonnée idée.

    Le poussin est bien caché. Si je tire sur la corde ?

     Un nettoyage, c’est bien, mais seulement s'il est responsable.

     

     

     

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