• Le piégeage des frelons asiatiques : inefficient et contre-productif !

    On lit régulièrement dans la presse, dans des bulletins communaux, sur le net... des  appels à la mobilisation encourageant tout un chacun à bricoler des pièges destinés à lutter contre les frelons asiatiques. Ces initiatives, qui se veulent de bon sens, sont en fait inefficientes et même contre-productives.

    Le piégeage des frelons asiatiques : inefficient et contre productif !

    Frelon asiatique (Vespa velutina). Photo : Quentin Rome.

    Vendée Nature Environnement s'était intéressée à la question dès juin 2012 en organisant une conférence à St-Jean-de-Monts, au cours de laquelle Quentin Rome, l'un des meilleurs spécialistes français de cette espèce exotique envahissante, avait présenté ses travaux. Il avait notamment indiqué que faute d'un appât vraiment spécifique (à base de phéromones), la multiplication de ces pièges, non sélectifs de fait, n'était pas sans impacts sur tout un cortège insectes (dont des pollinisateurs) et donc sur les écosystèmes locaux.
     
    A l'occasion d'une interview donnée à Terra Eco, il précise également que le piégeage de printemps favorise la survie des reines en limitant la vive concurrence auxquelles elles sont normalement exposées. 95% des « fondatrices » issues d'un ancien nid ne survivent pas à l’hiver ; et au printemps, 95% des survivantes meurent dans des combats avec leurs rivales dans leur quête éperdue de prééminence territoriale. « C’est un système de régulation naturel : plus il y a de reines présentes, plus la mortalité est élevée, si l’on en piège certaines, on libère le terrain pour d’autres qui n’auront même pas à se battre. »
     
    La Fédération Départementale des Groupements de Défense contre les Organismes Nuisibles (FDGDON) de la Vendée appelle elle-même à prendre en compte « les éléments scientifiques disponibles »
     
    « Le piégeage n’est pas une méthode de lutte contre le frelon asiatique, pour la simple raison qu’il n’existe pas d’attractant spécifique pour Vespa velutina…Il n’existe d’ailleurs pas non plus de piège sélectif pour cette espèce contrairement à ce qui peut être parfois proposé.
    « Par conséquent, la mise en œuvre d’un piégeage à grande échelle se révèle tout à fait inopérante. Elle est même contre productive en ayant un impact important sur l’entomofaune locale non ciblée.
    « Pour être efficace, le piégeage peut être envisagé uniquement par les apiculteurs, dans l’enceinte même de leurs ruchers où l’on a statistiquement le plus de chance de retrouver Vespa velutina, afin de diminuer la pression faite par les frelons asiatiques sur leurs ruches.
    « Dans tous les autres cas, il faut à l'heure actuelle, absolument éviter d'avoir recours au piégeage. Cet avis est partagé tant par les services de l'état que les scientifiques (Muséum d'Histoire Naturelle, ONIRIS). »
     
    L'article de Terra Eco s'appuie d'ailleurs sur des données analysées par la FDGDON de la Vendée, qui démontrent que « la mise en œuvre d’un piégeage à grande échelle se révèle tout à fait inopérante » :
    En 2010, cet organisme a coordonné la pose et le suivi de 400 pièges répartis dans le département. Les résultats obtenus en fin de printemps se sont limités à la capture de 6 fondatrices pour 195 nids répertoriés.
    En 2011, la reconduite de l'opération ne s'est pas montrée plus efficace : 10 fondatrices capturées, pour 485 nids recensés.
     
    La progression de l'espèce est certes très préoccupante. Raison de plus pour ne pas se lancer aveuglément dans des moyens de lutte non seulement inopérants, mais encore contre-productifs !
     
     
    « Sur les demandes de permis exclusifs de recherches de granulats marins.Eolien Offshore : ne pas négliger les enjeux de biodiversité ! »

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